Dernières nouvelles !

Nous sommes bien arrivés à Carthagène par la voie des airs le 24 Mars et nous avons bien récupéré notre Toyota le 29 ! Nous n'avons pas encore beaucoup découvert de la Colombie mais nous repartons sur les routes pour la fin Juin !

Llegamos bien en Cartagena por la vía aérea el 24 de Marzo y recuperamos nuestro Toyota el 29 ! No hemos descubrido mucho de Colombia desde 2 meses pero tomamos la ruta de nuevo para la fín de Junio !

We arrived well in Cartagena by the air the 24th of March and we had our Toyota back the 29th ! We have not discovered a lot of Colombia yet but we take the road again for the end of June !
 

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Juillet 2017, Du vert, de l'air et plein d'idées !


De nouveau sur les routes, nous venons de vivre un mois de juillet à l'image des montagnes russes que nous avons prises tout du long sur notre nouvelle boucle colombienne ! Vertigineux, fait de pentes raides à grimper avec persévérance et en courte... Et fait de descentes où les choses roulent toutes seules et nous apparaissent d'une telle évidence ! Notre voyage se calque sur les reliefs de la vie et dès que nous arrivons à la cime, que le ciel se dégage pour dévoiler la vue, nous savons où nous en sommes ! 

 Coucher de soleil sur la ville de Manizales

Reprendre la route nous a permis de prendre l'air de nouveau et il ne manque pas en Colombie, même à 4000 mètres d'altitude ! Un peu d'oxygénation ne fait de mal à personne, surtout quand il s'agit de découvrir de nouveaux horizons, retrouver des copains de passage pour quelques jours et faire de nouvelles rencontres. Sans réel plan sinon celui d'éviter au maximum les routes à péages, nous nous sommes retrouvés embarqués sur des chemins escarpés. Nous nous retrouvons à faire beaucoup plus de kilomètres, au final ce n'est pas si rentable. Mais les paysages de la zone cafetera que nous découvrons sont magnifiques et valent vraiment le détour. Passer des heures à descendre pour rejoindre les rivières, remonter de l'autre côté pour arriver à un petit village construit sur la cime qui ne se trouvait alors qu'à quelques kilomètres à vol d'oiseau, c'est ainsi que nous voyageons dans les montagnes russes colombiennes. Tant que notre réservoir de gazole n'est pas vide, nous avons tout notre temps ! 

 Là où le café prend corps dans les montagnes colombiennes

Au pays des Andes vertes, les hommes ont réussi à travailler la terre où s'épanouissent tant de plantations qui n'ont pas peur des pentes pour donner le meilleur d'elles-mêmes. Ces paysages se dévoilent d'une richesse incroyable, à condition d'avoir les mollets musclés pour aller récolter les produits de la terre. Dans cette zone, les colombiens sont des hommes courageux et travailleurs, sûrement bien différents de ceux qui attendent à l'ombre d'un manguier qu'un fruit leur tombe dans les mains !

Après des heures sur les pistes sans se lasser de monter et de descendre, nous arrivons à Medellín où nous retrouvons le Kool Kouple ! Sylvain, copain de lycée d’Alex, et Nicole sa femme brésilienne, font une halte colombienne d’un mois avant de rentrer définitivement vivre en France. Après avoir apprécié deux soirées passées ensemble dans la capitale, ils ont pris le bus et nous avons pris les pistes pour se retrouver finalement sans difficulté et avec plaisir à Medellín. Une chance qu’ils soient logés dans un hôtel de luxe pour que nous puissions faire rentrer Pépère dans le parking souterrain en dégonflant tous les pneus pour le faire passer. Ils ont au programme quelques photos de mises en situation à faire pour l’hôtel, c’est comme ça qu’ils voyagent à moindre coût, et c’est comme ça que nous avons pu dormir dans la voiture dans le parking comme deux invités clandestins ! Nous n’allions pas nous lancer à une heure tardive dans une opération regonflage pour ensuite devoir faire des kilomètres pour sortir de Medellín et chercher de nuit un coin isolé pour peut-être se reposer un peu. 

 Paisible partie de football dans la "Comuna 13"

Directement dans le parking, sur place, nous en avons profité pour y laisser la voiture toute la journée suivante pour profiter de la ville à pied, sans se soucier de la sécurité de notre compagnon de voyage. Visiter Medellín l’esprit tranquille avec Sylvain et Nicole, des étals colorés du marché à la paisible Comuna 13 qui fut dans le temps l’un des quartiers les plus « chauds » de Colombie et peut-être même du monde… Pour terminer par un tour en « Metrocable », ce transport en commun qui nous rappelle que nous n’avons pas fait de ski depuis longtemps, et qui voyage à travers les collines de Medellín qui ne présentent pas une seule trace de neige pourtant. Ici, c’est le printemps toute l’année, et même si nous allons ensuite gagner les hauteurs de la ville à 3000 mètres d’altitude, loin de l’agitation citadine, ce n’est pas encore cette année que nous allons sortir les skis pour faire quelques courbes ! Sylvain et Nicole sont quant à eux partis rejoindre la côte qu’ils affectionnent plus que nous. Nous avons fait le plein de plages pour des années rien que ces derniers mois entre le Mexique et la Colombie ! Maintenant, nous voulons vraiment nous frotter aux Andes !

 Tous les moyens de transport sont bons à prendre à Medellín

Une ville toute en couleurs qui s'accroche aux reliefs

Avant de se frotter aux Andes, il faut d’abord se frotter aux pentes raides d’Antioquia et en particulier celles de Medellín dont certaines rues n’ont rien à envier à celle que l’on dit la plus raide du monde à San Francisco ! Pour faciliter le transit quand tu arrives d’en bas, tu passes en première et tu passes à gauche, à l’anglaise, là où tu trouves la pente la plus douce. Ce sont les flèches au sol qui te guident et ainsi, tu peux arriver à grimper et croiser en même temps un bus qui arrive sur la voie de droite, sans freiner et d’en haut ! Nous n’étions pas mécontents d’aller ensuite nous mettre au vert, sur les hauteurs de Medellín, au cœur de paysages de bocage Antioqueños et au milieu des vaches à savourer des « tomates de arból », celles qui poussent dans des arbres, fraîchement ramassées ! C’est l’occasion de garder quelques graines pour notre futur jardin, nous verrons bien si le climat conviendra ! 

 A presque 3000 mètres, nous sommes au calme, 1500 mètres au dessus de Medellín

Paysage vert et humide de la cordillère Occidentale

De là, nous décidons de quitter le département d’Antioquia et la cordillère Occidentale pour faire un bond vers le département de Santander et la cordillère Orientale. Ces deux cordillères se réunissent plus au sud pour commencer à former réellement les Andes. Pour le moment, pour passer de l’une à l’autre, nous devons redescendre au niveau de l’énorme fleuve Magdalena et nous retrouvons la chaleur, la sueur et les petites bêtes qui piquent ! Le coin avait bien plu pourtant au fameux Pablo puisque c’est là qu’il avait transformé sa fameuse propriété « africaine » en quartiers pénitenciers d’été !

La photo à faire, en souvenir de ce cher Pablo !

 Entre deux cordillères, temps de la lessive dans le ruisseau

De nouveau en altitude, nous constatons que les villages ne sont plus construits sur les hauteurs bien arrosées, mais plutôt au plus près des rivières, dans les fonds de vallée. D’une cordillère à une autre, le paysage change énormément et la vie qui va avec ! Nous nous arrêtons pour quelques jours à un col avec une vue magnifique sur un canyon profond. Le lieu anime nos réflexions sur l’avenir, en particulier depuis que dans la ville par laquelle nous venons de passer, au moment de faire un demi-tour, il n’a pas fallu 10 secondes à un tordu pour imaginer pouvoir nous voler notre sac de linge sale bien accroché à notre roue de secours. Il a fini avec une bonne inhalation de fumée noire dans les naseaux, à courir derrière un butin imprenable, mais surtout… sale ! Voici un peu plus de 3 mois que nous sommes en Colombie et après un vol dans lequel nous avons perdu des millions de pesos colombiens, une tentative de vol ! 

 Bienvenus dans le département de Santander et la cordillère Orientale

Pour le moment, nous ne pouvons pas nous empêcher de faire rimer « Amérique du Sud » avec « toujours regarder par dessus son épaule ». La hantise de revivre l’expérience de Valledupar est encore bien présente et nous ne laissons plus rien dans la voiture, voire même nous ne sommes pas toujours tranquilles de laisser la voiture… C’est encore trop frais mine de rien. Mais cela change quand même la donne et nous rappelle combien nous étions chaque jour sereins en Amérique du Nord ou Centrale où « nous ne donnions pas de la papaye », une expression bien colombienne pour dire que nous incitons au vol… 

 Un lieu propice pour avoir les idées claires

Le Canyon de Sogamoso et sa jolie route dans un pays plutôt aride

Notre envie de nous établir au Canada se confirme et beaucoup de choses vont dans ce sens : une plus grande facilité à faire la demande en express de la résidence permanente avant 35 ans, notre budget qui s’amenuise… C’est presque décidé (il y a toujours une place aux possibles !) et nous en sommes très heureux car commencer une nouvelle vie au Canada sera réellement un nouveau voyage en soi. Tant à construire, tant à découvrir et ce grand air nous aide à faire fuser les idées dans nos têtes ! Tandis que nos projets à plus long terme s’affirment, nos projets au jour le jour se créent… au jour le jour ! En particulier depuis que nous sommes en contact avec la Fiscalia, instance judiciaire de Valledupar et que, dans notre droit, nous leur réclamons les vidéos de sécurité du parking du Centre Commercial depuis des semaines. Nous savons très bien ce qu’il est possible d’y voir et nous en avons besoin pour prouver que, depuis le début, le Centre Commercial nie et cherche à cacher les faits pour ne pas prendre ses responsabilités. 

 Comme une envie de s'établir ?

Depuis plus de 2 mois, le policier en charge de notre cas que nous soupçonnons d’avoir été payé par le Centre Commercial pour se taire, devait transmettre les dossiers vidéos à la Fiscalia… Depuis plus de 2 mois, il faisait trainer les choses et comme il nous l’a clairement dit au téléphone avant de se mettre en silence radio et couper toute communication avec nous, il ne voulait pas gêner le Centre Commercial… Bref, nous sommes tombés sur un bon mais il va falloir qu’il s’explique lui aussi car finalement, la Fiscalia a dû être obligée d’ordonner un mandat pour qu’il transmette toutes les preuves et ce, fissa ! Tout ça pour dire que même en ayant repris la route, Colombo reste bien présent dans un coin de nos esprits et attend le moment opportun pour reprendre du service ! 

Nous préférons toujours les petits villages paisibles

Nos efforts et notre patience finissent pas payer et enfin, nous avons de bonnes nouvelles : la Fiscalia a enfin récupéré les vidéos et nous invite à venir les récupérer. 400 kilomètres nous séparent alors de Valledupar et aussi vite que nous pouvons, nous prenons la direction du nord pour que les choses bougent enfin. C’est pour la bonne cause mais franchement, aucun de nous n’a vraiment envie de retourner là-haut. Même Pépère nous en fait une bonne juste avant de regagner le bitume. Les 6 goujons qui maintiennent le demi-arbre à l’arrière se cassent dans le moyeu et le demi-arbre commence à se faire la malle ! Sûrement un mauvais trou de trop sur les « trochas », les pistes colombiennes. Après avoir remplacé un silent-bloc d’amortisseur avec une bonne dose de scotch électrique, nous nous lançons dans une nouvelle réparation rapide à l’aide d’une sangle pour maintenir le demi-arbre en place le temps de rejoindre la ville la plus proche, à plus de 80 kilomètres… A Bucaramanga, la réparation faite ne nous convient pas. Dans l’impossibilité de sortir tous les goujons cassés, ils se sont appliqués à faire de nouveaux trous qui ne sont toutefois pas dans l’axe, il manque les pins qui renforcent le système… Cette réparation n’est pas faite pour durer, il va falloir changer le moyeu. Mais cela tiendra le temps de faire l’aller/retour à Valledupar !

Réparation improvisée qui tiendra le temps qu'il faudra !

Un silent-bloc foutu ? Toujours avoir du scotch électrique, ça fait le job comme on dit dans le nord !

Notre fin de mois de Juillet se termine donc sur une bonne note. Après plus de 3 mois, nous avons le sentiment que notre histoire de vol va prendre une bonne tournure. Il nous faut encore être patients mais aujourd’hui nous avons toutes les preuves de ce que nous avançons sur la malhonnêteté du Centre Commercial dans nos mains. Maintenant que nous sommes revenus vers la capitale, nous terminons toutes les démarches possibles pour obtenir réparation. Sur le chemin du retour de Valledupar, nous pensions trouver un moyeu d’occasion et avons fait appel au réseau de Toyoteros Colombiens. Pas possible d’en trouver un avant de revenir à la capitale, chez Jaime, qui possède des tonnes de pièces d’occasion de Toyota entassées depuis des années. Lui-seul sait exactement où trouver ce qu’il nous faut ! 

 Un stock comme il y en a peu à Bogotá !

Mais la recherche du moyeu nous a amené sur notre route à faire d’excellentes rencontres ! Et nous nous sommes retrouvés embarqués comme passagers dans un groupe de 4x4 composé de copains enthousiastes pour une virée au cœur des reliefs vertigineux du département de Santander. Pépère, quant à lui, restera tranquille avec sa patte fragile ! Et encore une fois, nous nous disons que nos meilleurs souvenirs de Colombie resteront les rencontres que nous avons faites ! Ainsi, l’esprit bientôt tranquille, notre histoire de vol devrait moins ressembler à un disque rayé. La voiture est réparée, nous allons bientôt prendre la route du sud en direction de l’Équateur et déjà dans les plans, des haltes et des colombiens que nous n’oublierons pas !

A très bientôt !

Les Galopères

 De bien jolies pistes colombiennes

 Pas de passage à guet ici, nous prenons le ferry !

Le Canyon de Chicamocha et le souvenir de bons moments partagés

Juin 2017, C'est reparti pour 3 mois au pays des Andes vertes !

Voici déjà 3 mois que nous sommes arrivés en Amérique du Sud et nous ne pouvons pas dire que nous en avons beaucoup vu ! Après 35 jours à Valledupar puis plus d'un mois à Chía, au nord de Bogotá, nous étions impatients de repartir sur les routes colombiennes ! Avant tout nouveau départ, il était important de mettre à jour pas mal de choses, et en particulier remettre Pépère en état de rouler ! C'est ainsi que nous nous étions dirigés le mois dernier vers Chía où Mauricio et Mauro, père et fils, restaurent des séries 4 de Toyota en particulier avec grand soin. Après plus d'un mois chez eux, à dormir dans leur jardin et à vivre en famille avec eux, notre vie à Chía fut bien plus qu'une histoire de réparation mécanique avec la famille Silva ! Du coup, même si le fait d'être immobilisés nous a empêchés de vadrouiller, nous avons vraiment profité de notre temps en Colombie durant ces 3 premiers mois. 

Aujourd'hui, notre Toyota est de nouveau en pleine forme. Le bruit dans le pont arrière n'est plus puisque nous avons changé les 2 roulements fatigués. A la base, une réparation simple mais qui est devenue un peu longue ! Nous avons dû attendre la bague d'écrasement envoyée de France par Gyl d'Euro4x4parts en qui nous avons toute confiance pour recevoir des pièces. En moins de 3 jours le colis était déjà en Colombie ! Après, c'est quand c'est dans les mains de DHL que ça prend plus de temps. Mais ça finit toujours pas arriver ! Puis c'est le tour de l'écrou du pignon d'attaque qu'il faut trouver et heureusement, c'est avec Mauricio et Mauro que nous sommes allés le dénicher dans un quartier de Bogotá où presque tout se trouve. Pas compliqué en Colombie, tout fonctionne par quartier ! Quand on rentre dans le quartier des pièces et réparations mécaniques, il y a des chances à coup sûr de trouver ce que l'on cherche ! 

Cette histoire de pont arrière aurait pu être terminée, mais ce n'était pas le cas 2 semaines après avoir commencé à démonter le nez de pont. Après la bague d'écrasement et l'écrou difficiles à trouver, ce fut le tour de l'huile de pont ! Impossible de trouver de l'huile pour pont à glissement limité sans payer une fortune. On nous avait dit que l'huile n'était pas donnée en Amérique du Sud, nous n'imaginions pas que c'était à ce point ! Nous nous sommes donc résolus à mettre de l'huile normale en attendant de recevoir l'additif importé des États-Unis. Ça nous a permis au moins de bouger la voiture et de se déplacer jusqu'à Bogotá avec un nouveau sentiment de liberté ! C'est fou comme nous pouvons nous sentir vite bloqués quand la voiture ne fonctionne pas !

4ème rencontre des Classiques de Toyota, à Bogotá

De nouveau mobiles, nous étions bien heureux d'accompagner les Silva un dimanche matin pas très loin de chez eux à la 4ème rencontre des Classiques de Toyota. Mauricio et Mauro y présentaient celui qu'ils ont surnommé "El Gris", leur FJ40 rénové avec soin et passion. Forcément Pépère n'est pas passé inaperçu au milieu de la grande famille Toyota et nous avons été invités à le présenter à tous, au milieu de tous les autres. Bien plus jeune que la plupart des Toyotas exposés, une majorité de FJ40 dont le plus vieux date de 1968, son état est quand même moins bon et sa parure "couleur sale" a bien rappelé à tous que notre 61 est en voyage ! La matinée s'est terminée par un passage au micro, nous permettant de raconter un peu ce que nous vivons depuis plus de 3 ans maintenant. Et une nouvelle fois, les colombiens ont exprimé chaleureusement leur désolation par rapport au vol de notre matériel photo à Valledupar.

Nous aimerions bien le garder dans le même état que ceux-là

Entre deux gouttes de pluie, climat de rigueur à Bogotá, Alex a d'ailleurs pu reprendre les portraits de tous ces véhicules dans un état impeccable et ainsi avoir l'occasion de reprendre un nouvel appareil photo en main. Nous avons d'ailleurs "fêté" les 2 mois du vol en passant en direct dans les nouvelles matinales de la télé colombienne, surtout coachés par Cristina, la maman Silva, mais aussi conseillés et épaulés par toute la famille depuis que nous sommes arrivés à Chía. Alors que nous nous sommes de nouveau équipés petit à petit, nos démarches concernant le vol continuent à suivre leur chemin, ça avance plus ou moins bien mais ça avance et encore une fois, tant que ça avance, même tout doucement, nous ne baissons pas les bras ! Et encore une fois, heureusement que les Silva et les employés du garage ont été là car ils nous ont permis de profiter de ce long mois à Chía où nous avons aussi pu penser à autre chose !

 Présentation d'"El Gris" !

Mais il n'était pas encore temps de partir car nous attendait une révision offerte chez Toyota suite à notre passage au micro ! Lunettes de sécurité sur le nez et protection dans les oreilles, nous devenons spectateurs de l'inspection générale de notre Toyota qui les surprend beaucoup au garage. Il faut dire qu'en Colombie, il n'y a pas d'autres comme le nôtre, que ce soit du véhicule de base à la préparation que nous avons faite ! Ils en profitent pour vidanger le moteur puis le pont arrière de nouveau. Autant en profiter puisqu'ils nous le remplissent avec de l'huile pour glissement limité justement ! Nous garderons l'additif pour la prochaine fois ! En faisant la révision, ils nous trouvent une fuite de liquide de frein au niveau du cylindre à l'arrière mais n'ayant pas les pièces, nous le changerons quelques jours plus tard.

 Révision des freins à l'arrière

Les freins... Depuis notre purge du système au Mexique qui nous avait épuisés à durer des jours et des jours, nous n'aimons pas trop y toucher. Une fois le cylindre changé, nous n'avons pas le choix, c'est reparti pour une purge ! Chacun son rôle, Alex pompe et vérifie le niveau et moi je suis sous la voiture, rampant dans la boue d'une vis de purge à une autre. Encore une fois, nous ne serons pas les rois de la purge et après des heures, la pédale ne reste jamais dure et c'est comme si il y avait toujours un peu plus d'air dans le circuit à chaque fois qu'Alex pompe la pédale... Une nouvelle fois, ces freins nous font bouillir et ça ne sert à rien de continuer comme ça ! Mauricio intervient et nous conseille vivement de laisser faire l'expert. Même en sachant faire une purge, l'impasse existe... Alors, sans frein, nous allons jusqu'à chez l'expert qui va lui aussi avoir un peu de mal même après avoir changé les caoutchoucs du maître-cylindre... Mais il arrive quand même au final à nous rendre nos freins au bout de 2 heures ! 

Il commence à nous tarder vraiment de partir sur les routes colombiennes et il ne nous manque qu'un rendez-vous ! Celui avec Kurt qui fait partie de l'Expedition Overland en route pour quelques mois en Amérique du Sud. Nous avions fait envoyer chez Kurt, en Utah, notre nouveau sac photo et le meilleur moyen de le récupérer était de se retrouver sur la route, à Chía particulièrement où ils ont décidé de camper à la Laguna Seca, là même où avait eu lieu le rassemblement Toyota versus Jeeperos un mois auparavant ! Facile, nous connaissons le lieu, ce n'est pas difficile de les y retrouver avec quelques bières. C'est excellent de rencontrer toute l'équipe, et de les voir en fin de soirée le regard vissé sur la carte de leur parcours à venir nous rend encore plus impatients de créer le nôtre en Colombie !

Installation du campement d'Expedition Overland, toutes tentes ouvertes !

Un parcours sérieusement réfléchi en équipe

Mais avant toute chose, nos 3 mois d'autorisation sur le territoire touchent à leur fin, il nous faut demander une prolongation ! Nous affrontons la mauvaise humeur des membres des services de l'immigration colombiens pour au final enfin quitter Bogotá avec un nouveau tampon sur le passeport ! Trop contents de quitter la grande ville, nous prenons la route vers la zone cafetière où c'est là que nous prolongerons l'importation temporaire de notre Toyota dans une ville à taille plus humaine où l'accueil se fait dans la bonne humeur, à Manizales ! Et c'est ainsi que nous pouvons dire "Listos !", prêts pour 3 mois de plus au pays des Andes vertes ! 

 Grimper pour gagner les crêtes avant de redescendre au fond des vallées... Ainsi sont les routes colombiennes !

Ce que nous découvrons alors enfin de la Colombie est magnifique et vertigineux. Nous apercevons même de la neige pour la première fois depuis le Mexique ! Le volcan du Nevado de Ruiz s'est paré d'une petite pellicule blanche avec les précipitations de la nuit et fume de bon matin, du haut de ses 5321 mètres. Assez acclimatés avec plus d'un mois passé à Chía, à plus de 2600 mètres, nous n'avons pas de mal à rejoindre les 4000 mètres pour passer la nuit dans les brumes et au frais. C'est bon de reprendre la route et de se laisser surprendre à chaque virage par des paysages magnifiques. Nous parcourons le nord de la zone cafetière, entre Manizales et Medellín où la route que nous choisissons de prendre ressemble à des montagnes russes. La reprise des photos bat son plein et de nouveaux souvenirs visuels se créent de nouveau dans nos mémoires, humaines et numériques. 

 
Les Frailejones se réveillent dans la brume au lever du soleil
 
 Notre premier géant qui fume en Amérique du Sud !

Nous aurons beaucoup de plaisir à partager tout cela très bientôt !

Hasta pronto !

Les Galopères

Mai 2017, de Valledupar à l'Altiplano Cundiboyacense !

Notre mois d'Avril qui s'était terminé en compagnie de Colombo laisse place à un joli mois de Mai où nous sentons que nous avons aussi bien besoin de penser à autre chose !

Mais avant toute chose, qu'est devenu notre cher Colombo ? Il faut quand même que nous vous racontions mais ce qu'il faut retenir est que nous ne baissons pas les bras ! Avec tous les jours fériés du moi d'Avril, le Centre Commercial a eu tout son temps pour nous faire parvenir une réponse. Durant notre temps d'attente, nous avions demandé maintes et maintes fois à visionner les vidéos avec les responsables de la Sécurité pour pouvoir bien voir tous ensemble qu'une personne rentre dans Pépère pendant 4 minutes. La gérante du magasin nous envoie mine de rien un jour une personne de l'Administration avec la réponse officielle pour nous la faire signer, tout juste quelques minutes avant la rencontre pour un nouveau visionnage avec les responsables de la Sécurité et deux représentants de la Police Judiciaire. 

 Allons retrouver un peu d'air frais sur notre route vers Bogotá !

Malgré les 3 pages du document bien noircies de citations de textes de loi, ça ressemble étrangement au communiqué de presse qui avait été fait quelques jours après le vol, rempli d'erreurs mais surtout niant le fait que quelque chose est visible sur les vidéos. Pour eux qui se lavent les mains, le vol n'a pas pu avoir lieu sur leur parking et le pire dans tout ça est qu'ils osent exprimer dans une réponse officielle que nous avons signé un document disant que nous acceptons les conclusions que rien n'est visible sur les vidéos. Ce document n'existe pas... Nous avons vu une personne s'introduire dans notre Toyota et tout le monde ne veut pas le voir, se protégeant derrière le fait que les vidéos sont de mauvaise qualité. De plus, avant même que la Police puisse lancer une investigation, le Centre Commercial a supprimé les vidéos des galeries marchandes où les voleurs sont restés plus d'une heure avant de revenir aux véhicules...

Toutes les caméras ne marchent pas, aucune d'elle n'a la même heure... Que cache le Centre Commercial en continuant de nier les faits, à savoir qu'une personne s'est introduite chez nous alors que notre Toyota était sur un parking sécurisé avec vigiles et caméras de sécurité ? Les voleurs ne peuvent donc pas être identifiés et ainsi peuvent revenir sans peur ! Nous lançons des procédures auprès de la Grande Instance de Commerce Colombienne, la Superintendencia, nous sommes vraiment remontés et nous sentons du soutien derrière nous. "C'est une honte !" nous dit-on, nous rencontrons des journalistes, pensons que ce scandale va finir par éclater et que le fameux slogan "Guatapurí Plaza, le meilleur lieu pour partager des moments" va pouvoir se transformer en "le meilleur lieu pour partager même ton véhicule" !

 A l'approche de Bogotá, les joies de se retrouver sur l'Altiplano Cundiboyacense, à 3400 mètres !

Nous restons encore quelques temps à Valledupar, fiers de pouvoir soulever de nombreux points graves dans la réponse du Centre Commercial, de recevoir une nouvelle réponse avec toujours autant de points à relever. Nous cherchons les failles, attaquons par de nombreuses questions dérangeantes auxquelles, s'ils répondaient, ce seraient avouer leur culpabilité... Nous sommes très confiants et laissons les procédures faire leur chemin... A nous de reprendre le nôtre, direction Bogotá et en particulier Chía où nous avons bien l'intention de prendre soin du pont arrière de Pépère chez les Silva, père et fils.

Mauricio et Mauro nous ont été recommandés dès notre arrivée en Colombie. et ils ont l'habitude d'accueillir très souvent des voyageurs. Nous n'avons entendu que des éloges sur la qualité de leur travail, en particulier sur les séries 4 qu'ils affectionnent. 3 jours sur les routes, de Valledupar à Chía, en passant par des paysages vertigineux où nous espérons revenir quand nous aurons plus de temps, nous arrivons au bon moment pour nous rendre à la rencontre Toyoteros vs Jeeperos. Mauro et Mauricio y sont très occupés puisqu'ils organisent entre autres cet événement, mais c'est là que nous allons les rencontrer ! 

 Listo ! L'ancre est en place, le câble du treuil déroulé, il n'y a plus qu'à rentrer dans la boue !

Depuis le vol le 5 avril, nous sommes restés bien trop préoccupés pour apprécier nos journées. Les uniques moments où nous arrivions à déconnecter un peu furent ceux partagés avec Mario et sa famille. En arrivant à Chia, sur la piste de la Laguna Seca qui n'a de sec que le nom, nous faisons nos premiers tours de roue dans la boue colombienne bien amoureuse. La compétition consiste pour chaque équipe, Toyoteros, Jeeperos mais aussi Suzuki, de se mettre dans la boue et d'essayer de s'en sortir ! Et c'est là que l'esprit d'équipe prend tout son sens puisque dans ce genre de merdier, personne ne s'en sort tout seul ! Les pieds dans la boue, entre les averses et les rayons de soleil, nous nous régalons du spectacle qui nous tient en haleine, en particulier les Jeeperos qui rentrent puis sortent du bourbier comme s'ils étaient les étoiles d'une chorégraphie bien rodée ! Forcément, ce sont eux qui gagnent, avec un tel esprit d'équipe, ils le méritent bien. 

 Un vrai plaisir de suivre le parcours et de savourer le suspens

Jusqu'au bout, en équipe ! 

Un vrai tas de merde comme on dit !

Tandis que la journée se termine et que Mauricio, père et fils, font la Police avec les récalcitrants qui ne veulent plus sortir de la boue, nous sommes chaleureusement invités chez eux où nous pourrons ouvrir par la suite le pont arrière et faire un état des lieux après plus de 3000 kilomètres de bruit, au 40's Garage

Et pour nous, notre première rencontre avec la boue colombienne amoureuse. 
Nous validons une nouvelle fois nos pneus Cooper Discoverer STT Maxx ! 

15 jours plus tard, nous y sommes toujours et pas besoin de contraintes ! L'accueil colombien, et particulier celui de la famille Silva est mémorable et nous nous sentons tellement bienvenus. Une nouvelle fois, "Mi casa es tu casa" prend tout son sens. Nous vivons heureux et paisible avec cette famille, partageant de très bons moments, à la fois en travaillant sur la voiture qu'en participant aux tâches de la maison. Retrouver un four et une cuisine plus équipée que notre réchaud double feu m'offre de nombreuses opportunités d'élaboration culinaire ! Le carnet de recettes va bien se remplir les prochains mois car en Colombie, nous mangeons très bien ! 

 
 Entre les repas, on travaille quand même chez les Silva ! Christian, avec le sourire

Ouverture du pont arrière pour faire l'inspection des dégâts 

Jorge en profite pour donner un coup de jeune au pare-chocs arrière

Et au pare-chocs avant ! 

Vue de la maison !

C'est ainsi bien entourés que nous continuons nos démarches par rapport au vol, nous aimerions tellement pouvoir sortir "gagnants" de cette mauvaise passe. Malheureusement, personne ne se positionne pour conclure que quelqu'un est bien rentré dans notre voiture, sur le parking sécurisé du Centre Commercial de Guatapurí. Même la Police Judiciaire qui a transmis le bébé à la Fiscalia, en charge des dépôts de plainte, ne veut pas affirmer que l'on voir pénétrer quelqu'un chez nous... Eux veulent juste retrouver les voleurs qu'ils ne retrouveront pas puisque les vidéos de surveillance ont été supprimées... Les journalistes rencontrés n'auront rien écrit au final dans les journaux de Valledupar, nous sommes maintenant seuls... 

Il y a des jours où nous sentons que nos bras se baissent un peu mais il nous reste encore des démarches qui pourraient déboucher sur quelque chose. En particulier tout ce qui est en lien avec les fautes commises par le Centre Commercial à notre égard. Certains policiers ont parlé de destructions de preuves en parlant des vidéos effacées... Quant à affirmer que nous avons signé un document qui n'existe pas, ça ne passera pas. Dans cette histoire au final, nous aurons tout fait, tout ce qui est possible et c'est ça le plus important ! 

Pour la suite en Colombie ? Nous y serons jusqu'en Août, c'est tout ce que nous savons pour le moment, ainsi que les belles rencontres colombiennes risquent d'être très nombreuses sur notre route ! 

Ah oui ! Bonne nouvelle pour finir, nous avons oublié de vous dire pour le bruit dans le pont arrière ?! Ce n'était que deux roulements fatigués ! Et très bientôt, nous aurons un nouvel appareil photo !

Hasta luego !

Les Galopères.

Avril 2017, Mission Colombo en Colombie !

La Colombie, nous y voilà enfin... Depuis le temps que nous avions envie d'y être, ça y est nous y sommes ! Nos yeux collent encore un peu lorsque nous arrivons à l'aéroport de Carthagène, après une petite halte fraîche en transit à l'aéroport de Bogotá. Juste le temps de prendre une bonne bouffée d'air frais et quelques gouttes sur le bout du nez. La nuit blanche dans l'aéroport de Panamá n'a pas été de tout repos mais nous allons avoir du temps à Carthagène pour nous reposer en attendant l'arrivée du bateau, 4 jours après nous. 

On nous avait prévenu qu'à Carthagène, nous allions mouiller la chemise... Nous sortons à peine de l'avion que déjà nous sentons cette moiteur caribéenne se coller chaleureusement à nous. Dégoulinant de sueur, notre nuit blanche est déjà derrière nous et nous avons envie de marcher les 6 kilomètres jusqu'au petit hôtel où nous avons réservé une chambre avant de retrouver notre chez-nous. Tant que nous avons un peu d'énergie avec cette chaleur, autant en profiter. En faisant la réservation de la chambre quelques semaines auparavant, nous nous sommes retrouvés face à un dilemme : la chambre avec le petit déjeuner compris ou la chambre avec l'air climatisé ? Le choix n'est pas difficile à faire, tant pis si nous avons le ventre vide tant que nous ayons un peu de frais ! L'hôtel se trouve être dans un quartier loin de la ville coloniale et des quartiers touristiques de Carthagène, nous sommes alors bien chez les Colombiens et nous nous y sentons bien. 

 Promenons nous dans les rues colorées de Carthagène des Indes la coloniale

Nous nous laissons du répit pour rattraper notre manque de sommeil et profiter de la fraîcheur de notre nouveau petit nid. Nous passons la journée au frais à mettre le travail à jour sur nos ordinateurs, nous découvrons un peu de la Colombie en créant nos cartes avant de la découvrir pour de vrai. Visiter la ville coloniale, aller acheter de l'eau ou de quoi manger sont nos uniques sorties, toujours à pied, mais malgré tout, nous faisons des kilomètres sous la chaleur caribéenne. Des kilomètres utiles puisque nous passons plusieurs fois à côté du port, ce qui nous permet de repérer les lieux pour les jours à venir, lorsqu'il sera temps de réaliser les démarches pour récupérer notre Toyota. Afin d'être encore mieux préparés et soudés dans ces démarches, nous retrouvons Claudia et Tim, avec qui nous partageons le conteneur, qui eux aussi sont bien arrivés à Carthagène. Le jour J peut arriver, nous avons l'assurance automobile obligatoire en poche et avons bien mémorisé les étapes de la procédure de récupération de notre "marchandise". Nous sommes prêts.   

 Un dimanche de baseball improvisé dans la ville fortifiée 

4 conteneurs de véhicules ont été chargés entre le Panamá et la Colombie par le compagnie Evergreen cette semaine-là... Au total, 6 motos, 5 Toyotas, 1 Jeep et 1 Suzuki... Des compagnons de route appartenant à des voyageurs du monde entier : 1 néozélandais, 5 belges, 1 allemande, 1 brésilienne, 2 canadiens, 6 américains, 3 français et un chien... Quand nous parlions d'être préparés et soudés dans les démarches avec Tim et Claudia, l'équipe est au top... Nous arrivons tous au port le Jour J, dans les starting-blocks. Récupérer son véhicule prend très vite l'allure d'un grand jeu d'épreuves à réaliser en équipe. On court d'un lieu à un autre, certains ont un bonus de temps en prenant le taxi, on gagne un papier, on passe à l'épreuve suivante "banque", on gagne un nouveau papier, on court encore puis on retourne à la case départ avec une pénalité de temps d'attente puisque c'est l'heure du repas et qu'en Colombie, tout le monde s'arrête... 

14 heures, nous pensons tous que c'est reparti, les pieds trépignent de nouveau, bien décidés à récupérer nos véhicules le jour même. Mais les meneurs du grand jeu ont quelques soucis d'organisation et une baisse d'énergie. L'épreuve suivante doit être remise au lendemain. De toute façon, ce n'est pas pour eux que continue à tourner le chronomètre et notre impatience se heurte quelque peu au flegme des membres de l'administration portuaire. Comme ce sont eux les maîtres du temps, nous devrons être patients jusqu'au lendemain pour un nouveau départ sur les chapeaux de roues, en Colombie ! Ils vont avoir besoin de café au port pour suivre le rythme !

La machine à café ne fonctionne malheureusement pas le lendemain, c'est donc avec deux Red Bull que nous nous présentons aux administrateurs de la livraison de notre Toyota :  "Allez les gars, aujourd'hui faut que ça bouge !". Un peu excédés du rythme de la veille, c'est donc avec une touche d'humour et des boissons excitantes que nous essayons de faire bouger les choses un peu plus rapidement. Un peu arrogant diraient les canadiens mais efficace... jusqu'à la pause repas ! 14h, c'est reparti, on s'active, on y croit, on y court ! Mais ça doit être l'heure de la digestion et il y a toujours une histoire de papier qui manque. Après plus d'une heure à attendre sous le soleil des tropiques, enfin, c'est l'heure de la sortie ! Et un à un, chaque véhicule des 13 embarqués défile. Tout le monde a gagné !

Propriétaires heureux devant NOTRE conteneur !
 
Une étape franchie, il n'y a plus qu'à sortir du port maintenant
 
Fournée de voyageurs en attente

Puis il est temps de dire au revoir aux uns et aux autres, à ceux qui ont la bougeotte et qui veulent déjà être très loin, et à ceux qui prennent le temps pour que nous partagions un repas ensemble. Puis, nous partons en route vers la Guajira, cette région un peu plus au nord pour une petite escapade désertique avant de rejoindre les terres de l'éternel printemps. Un dernier coup de chaud dans des paysages arides aux couleurs magnifiques où vivent les Wayúu, peuple indigène qui a réussi à apprivoiser ces terres inhospitalières si proches de la frontière avec le Venezuela. Ici, on y boit des "Polar", bières importées du Venezuela, avec du ragoût d'iguane et de la chèvre grillée. Nous avons gouté bien évidemment ! 

Une terre magnifique mais dure à vivre...

Tout ici, bien vivant ou minéral, est fait de nuances de bleu ou d'ocre

El Cabo de la Vela, ou le Cap de la Vela, une des pointes les plus au nord de l'Amérique du Sud

Ah oui, vous devez encore vous demandez qu'est-ce que vient faire Colombo en Colombie !... Resituons les faits. Valledupar, ville du département de Cesar, sur notre route vers le sud.

Nous faisons halte dans un centre commercial où nous espérons trouver du wifi pour se connecter sur la toile après quelques jours dans la partie extrême nord de l'Amérique du Sud. Nous pensons y passer une deuxième journée avant de continuer la route. Nous trouvons un coin dodo parfait, il y fait frais en fin de journée, l'eau de la rivière qui coule directement de la Sierra Nevada de Santa Marta nous invite à nous baigner. Nous la vivons bien la Colombie jusque là !

De retour au centre commercial le jour suivant, nous y passons toute la journée et sachant où dormir, nous retournons camper sur les berges du río Guatapurí. Jusque là tout va bien mais nous sentons que quelque chose cloche. Nous comprenons vite le lendemain matin en prenant notre petit déjeuner d'où nous vient ce sentiment bizarre. Le sac de l'appareil photo manque, ainsi qu'un objectif et un flash dans leur housse. Nous avons été volés sans traces d'effraction et sur le parking sécurisé et fermé du centre commercial ! Ni une ni deux, nous rangeons le petit déjeuner, fermons la tente de toit et grimpons dans la voiture direction le centre commercial pour rencontrer les personnes de la sécurité. Un policier étant sur les lieux, il contacte deux policiers de la Police Judiciaire qui viennent prendre notre déposition. Nous remplissons un protocole de requête auprès du centre commercial afin de pouvoir visionner les vidéos, étant sûrs que le vol n'a pas eu lieu à côté de la rivière. Nous n'y avons croisé personne et la voiture est notre maison, nous nous en serions rendus compte alors que nous étions dedans ou autour !  

Nous passons nos journées à éplucher les annonces sur internet, nous partons en quête du matériel dans le centre-ville où existent de nombreux commerces de "Compra/Venta", dans les laboratoires photo, chez les photographes professionnels. Nous nous doutons bien que deux blancs souhaitant acheter du matériel photographique dans un centre-ville où tout se sait ne passent pas inaperçus. Pendant ce temps-là, le centre commercial ne nous donne aucune nouvelle et continue à affirmer que le vol n'a pas pu avoir lieu sur le parking... Même si nous avons l'impression parfois que remuer ciel et terre ne changera rien, chaque jour quelque chose de nouveau nous aide à ne pas baisser les bras. Après 5 jours, le policier nous conseille enfin d'aller porter plainte, nous ayant dit jusque là que ça ne servirait à rien. Nous nous retrouvons dans une file d'attente où l'un a failli se faire tuer le week-end, une autre se cache le visage complètement meurtri et nous venons expliquer un vol pour lequel nous n'avons aucune preuve qu'il s'est réellement passé. Le sac s'est comme pffft ! envolé... Une mauvaise blague bien réelle au pays du réalisme magique ?!

Nous sommes révoltés et en même temps, nous ne comprenons pas ce qu'il s'est passé et encore, nous demandons à voir les vidéos que le centre commercial ne veut toujours pas nous montrer. Peut-être qu'enfin avec la plainte, nous aurons l'autorisation ? Même pas ! On nous conseille d'aller voir la presse pour passer un message et proposer une récompense. En 2 temps 3 mouvements, le caméraman fait la mise au point sur nous. Nous nous exprimons du mieux que nous pouvons et le message est balancé à la télé locale. Le même jour, de retour au centre commercial, nous réclamons à voir les vidéos, de nouveau. Le policier qui a reçu notre plainte nous a dit de contacter la police s'ils ne voulaient pas nous les montrer. Deux nouveaux policiers de la Police Judiciaire sont envoyés vers nous et enfin, il est prévu que nous voyions ensemble les vidéos le lendemain. 6 jours déjà que le vol a eu lieu, des choses semblent se débloquer enfin. 


Les chefs de la sécurité se frottent les mains le lendemain lorsque nous visionnons ensemble les vidéos. Ils affirment qu'il n'y a rien, seulement nos allers et venues, ce qui confirmerait le fait que le vol n'a pas eu lieu sur leur stationnement. C'est aussi ce qu'ils oseront affirmer à la presse en réponse à notre message. Lors de l'affichage de la vidéo de surveillance du parking, la vue distante et la piètre qualité de l'image nous fait penser qu'il sera difficile de constater quelque chose c'est vrai. En plus, la personne responsable des vidéos s'applique à ne passer la vidéo que seconde par seconde. C'est décourageant, il est évident que nous n'allons pas regarder 11h30 à ce rythme ! Nous demandons à passer un moment en fin de journée où nous avons fait le plein d'eau. Nous étions à côté de la voiture, nous aurions vu quelque chose mais en même nous avons un doute et c'est le seul moment où la voiture était ouverte. Ceci pourrait expliquer le fait qu'il n'y a pas de traces d'effraction... Mais il ne se passe clairement rien à ce moment là sur la vidéo... La réunion se termine sur le fait que l'hôtel d'en face pourrait avoir des images permettant de voir plus de choses. Allons donc demander à l'hôtel !

Nous faisons avec les policiers un tour du centre commercial pour mettre à plat les éléments que nous avons sur notre journée du 5 avril afin d'essayer de comprendre. Nous les retrouverons le lendemain pour les accompagner pour demander les vidéos de l'hôtel. Mais, encore une fois, une histoire de protocole nous demande d'attendre pour obtenir les vidéos et les examiner. Nous patientons en épluchant toutes les annonces que nous pouvons trouver sur internet encore et encore, en cas que la personne cherche à vendre le matériel sur le net. C'est tout ce que nous pouvons faire jusque là et nous restons bien en vue des vidéos du centre commercial pour qu'ils ne nous oublient pas. Nous rappelons aux policiers que nous voulons aider si nous pouvons pour visionner la vidéo dans son intégralité et nous sentons qu'enfin quelqu'un commence à prendre un peu en considération ce que nous vivons et notre perte. 

L'un des policiers, un super policier bien qu'il n'ait pas de cape et qui met ses slips sous son pantalon, est un mec en or et il nous invite à venir visionner la vidéo chez lui. Nous sommes donc sous la supervision de la Police Judiciaire. Les heures de la vidéo défilent en me vitesse et nous espérons y voir quelque chose, ne serait que pour comprendre ce qu'il s'est passé car cela reste encore un mystère. Nous aimerions bien savoir où nous avons fait une erreur, surtout que nous n'avons pas sorti l'appareil photo justement pour ne pas l'afficher à la vue de tous, que le sac n'était pas visible dans la voiture etc... Et c'est là que nous trouvons enfin LE moment du vol sur la vidéo ! Nous sommes alors le 14 Avril, 9 jours après le vol. Difficile d'imaginer retrouver le matériel avec ce temps perdu mais maintenant, il en est de la responsabilité du centre commercial de répondre à cela, sachant que leurs "experts" de sécurité comme ils disent n'ont rien constaté d'anormal dans la vidéo. Qu'Alexandre l'ait vu sur la vidéo avec son "œil du vigile" comme il dit, fort de ses 6 ans à Airbus, c'est normal. Que moi aussi je l'ai vu sans problème, c'est que leurs "experts" ne valent pas grand chose ! Ou sont des menteurs... Tout est possible !


A partir de là risque de commencer une bataille juridique et nous prenons connaissance de nos droits en tant que consommateurs et clients. Au regard de la loi, le centre commercial est responsable... Mais prenons aussi le temps d'apprécier Valledupar et encore une fois, c'est grâce à notre policier et sa petite famille que nous passons un excellent dimanche de Pâques à savourer de la viande grillée au bord de la rivière. L'accueil et la chaleur des colombiens est bien une réalité. Bien que rien ne soit résolu encore, nous vivons de vrais moments heureux ! Nous gardons des souvenirs bien forts en tête, faute de pouvoir faire des photos ! Nous avons bien l'intention de rester là le temps qu'il faut et d'ores et déjà, nous savons que nous pouvons demander une extension de visa pour au final passer 6 mois en Colombie !

Nous espérons donner de bonnes nouvelles très bientôt ! En tout cas, nous ne baissons pas les bras et Pépère, dont le pont arrière attend toujours d'être ouvert, va bien ! Après le juridique viendra la mécanique !

A bientôt,

Les Galopères